"C'est pas grave, de toute façon la seule chose qui m'attende c'est la fin..."
En effet, on peut penser ça, après 3 joints, au moment de la retombée... Et on reprend une latte... Le divin poison se répand dans nos poumons encrassés de toxicos, dans notre sang à 70° d'alcool et alors on se sent bien... On se sent bien car, pour une fois, on ne pense plus à rien de désagréable...
On nous reproche de nous détruire, à raison d'ailleurs, c'est vrai que ressentir la déliquescence d'une personne doit porter un coup au moral...
Mais dans l'esprit d'un cadavre en devenir, qu'est-ce que la décomposition sinon la suite naturelle d'une existence fade et quasiment inutile?
Et puis moi j'aime la destruction... J'aime bien me sentir ailleurs, ne plus me sentir moche, gauche, lourd, ne plus me dire que "de toute façon je n'ai aucune chance", oublier pour une fois mes phrases grandiloquentes, penser que tout est possible, que je ne me choperai jamais de saloperie qui écourtera ma vie à peine entamée, sentir cette fumée âcre s'insinuer partout, tirer une trop grosse latte, cracher ses poumons et recommencer...
On a vaguement peur des retombées, de ce que ça peut faire à notre scolarité, puis on se dit que, de toute façon, si on ne profite pas maintenant on mourra con, donc on continue...
J'avais promis de ne jamais toucher à une clope, de ne jamais boire, de ne jamais tenter d'éprouver de mon couteau la résistance de ma peau, de ne jamais, JAMAIS retomber amoureux (car, dixit
la même toxico, "être amoureux ça fait des bleus"...)...
Et bien pourtant je l'ai fait... Allez savoir pourquoi... Peut-être parce que "quand je mourrai, j'irai au Paradis parce que c'est en Enfer que j'ai passé ma vie..." et que, si je dois mourir vite fait, autant le faire d'une manière de mon choix... Je voudrais mourir d'amour, derrière une guitare, la clope au bec, les veines tranchées... Je pense que la photo serait mémorable...
Ceci dit, passant outre les idées cadavérico-morbides qui me titillent, je dirais qu'il y a quand même des choses pour lesquelles vivre... Car il reste des personnes super qu'on ne connaît pas au lycée, car ces gens peuvent vous ressembler de manière assez troublante, car on peut se rendre compte que, rien que pour une muse-icienne et une hirondelle on peut continuer à se battre... L'une car on voudrait la connaître, connaître cette personne atypique si agréable, sympathique, compréhensive et prometteuse, l'autre justement car on la connaît, et qu'on sait à quel point elle est exceptionnelle...
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Un soudain souffle d'inspiration... Brisons le carcan des apparences, du sourire trompeur et montrons-nous sous notre vrai jour...
PS: je me suis permis, outrageusement, de prendre une photo sur un blog... c'est ici